47 km le long de la côte, le Juan de Foca Trail surplombe l'océan, traverse des plages immenses, évolue dans une foret humide, en terrain accidenté. La boue est omniprésente, les troncs d'arbres jonchés sur le sol sont le spectacle courant , témoin de tempêtes violentes passées.
Par moment, le sentier est sur la plage. Gare aux marées montantes !
Vestiges d'une tempête passée
la boue, composante majeure du sentier
Le niveau de difficulté de la randonnée varie en fonction des portions du sentier. Pour simplifier, nous avons parcouru les parties qualifiées de "plus difficiles" les 2ème et 3ème jours. Les autres jours, non pas que la randonnée était toute paisible, mais l'effort à fournir était moindre.
Quand on évoque les termes de "sentier" ou "chemin de randonnée", des images de sentiers balisés nous viennent en tête. Or, le Juan de Foca Trail, bien que classé chemin de randonnée, nécessite bien des fois d'escalader, ou de jouer à saute mouton sur les rochers de la plage, ou encore de faire preuve d'équilibre au milieu de marre de boue sur lesquelles des morceaux de bois servent de plate-forme.
Des marches sont sculptées dans un tronc d'arbre abattu par une tempête.
L'humidité, en plus du sac à dos, rend périlleuse cette ascension
Plage
Au bout de la plage, un peu d'escalade
Pont suspendu
Les racines des arbres sont autant d'obstacles à passer, et servent également de prises pour les descentes à pic sur terrain friable.
Vous l'aurez deviné, cette randonnée a parfois pris des allures de marche en conditions extrêmes, mais quelle satisfaction d'arriver à des endroits reculés, où les paysages suffisent à être un spectacle inlassable.
une côte complètement sauvage, paradis des otaries et lions des mer
La découverte de la faune locale
Les forets sont peuplées d'ours, de pumas et de loups.
Lors d'une rencontre avec un ours, il est recommandé de faire de bruit puis de faire chemin arrière si l'ours ne semble pas partir. Nous en avons rencontré au détour d'une plage : deux ours se restauraient d'insectes. Apparemment habitués à la présence humaine, ils ne semblaient pas vouloir se déranger. A nous donc de faire demi-tour et de patienter 20 minutes, le temps qu'ils quittent notre itinéraire.
ours croisés au loin sur une plage
Les pumas quant à eux sont plus dangereux car ils sont des chasseurs. Ils peuvent prendre en filature pendant plusieurs kilomètres un adulte avant de l'attaquer. En cas de rencontre inopportune, il faut se montrer agressif, s'emparer d'un bâton ou d'une pierre et le brandir en l'air, voir le lancer dans la direction du puma. Heureusement pour nous, nous n'avons pas fait ce genre de rencontre.
Tous les camps (espaces à l'abri des marais, car en bord d'océan) sont dotés de food cache. Il s'agit de boites en métal avec un système de poussoir pour l'ouvrir et la fermer.
Pourquoi cacher sa nourriture?Pour éviter de se la faire piller par les ours gourmands ! Plus que la nourriture, c'est tous les produits qui ont une odeur qu'il faut mettre hors d'atteinte : dentifrice, déodorant, savon.
Bear box : mettre la nourriture hors d'atteinte des ours
Lors de notre dernier campement, les boites métalliques étaient remplacées par un autre système : des câbles avec poulies pour accrocher en l'air les sacs contenant la nourriture.
autre système de garde-manger : un mat avec cordage en pleine forêt
La faune aquatique n'est pas absente du périple : visite d'otaries à proximité du bord.
Nous avons fait une marche extra pour nous rendre à la crique des lions des mer. Après 45 minutes de marche en terrain non balisé, car le sentier n'a pas été déblayé depuis la dernière grosse tempête de décembre, nous dominons l'océan. La vision de lions des mers en pleine pêche est fabuleuse. Malheureusement trop loin pour être photographiés, ou reconnaissable sur une photo.
on devine l'otarie à gauche du rocher, tout juste sortie de l'eau
Crique des lions des mer (taches noires flottantes)
6 jours d'expédition en plein nature
6 jours de bonheur permanent, d'efforts physiques aussi
6 jours de rigolade au sein d'un groupe de randonneurs
Aucune envie de rentrer à la ville... excepté pour prendre une douche !
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